S’est-on jamais posé la question, surtout, de l’empire illimité des institutions ?
septembre
2026
- prix: 7,50 €
format : 100 x 170 mm
96 pages
ISBN: 979-10-304-2000-5
Extrait du “Sujet de droit, la personne et la nature”
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Le sujet de droit, la personne et la nature
Yan Thomas
“La question du sujet de droit est devenue franchement polémique. L’antimodernité concentre aujourd’hui sa critique sur une construction juridique très ancienne, pour lui faire porter la charge de tous les maux attribués à l’hypertrophie du sujet. De toutes parts, chez les juristes, chez les théoriciens du droit, chez certains philosophes aussi, pour ne pas parler de certains courants psychanalytiques, se multiplient les attaques contre la toute-puissance que le droit aurait attribuée, sous la catégorie moderne de sujet de droit, à l’individu maître de soi-même et de la nature.”
Face à l’extension vertigineuse de la technique et du marché, seul le droit semble en mesure de nous protéger. Il reviendrait à la loi de réguler, de poser des limites et des interdits. Au cœur de ces débats juridiques, une question cruciale : qui peut être “sujet de droit” ? Et, plus précisément, qu'est-ce qu'un “sujet de droit” ?
L'ère des biotechnologies est venue bouleverser nos représentations de ce “sujet”. L'incertitude quant à sa définition et son usage se creuse. Ainsi, nombre de polémiques mettent en question le droit lorsque la technique, intervenant sur les corps, vient ébranler l’organisation sociale : avortement, procréation médicalement assistée, euthanasie...
De la même façon, pour la protéger de l’intervention de l’homme, certains subjectivent la nature. Des juristes proposent, par exemple, de reconnaître juridiquement une rivière comme une personne ; ou souhaitent protéger la nature des “crimes contre l’écosphère”, sur le modèle des crimes contre l’humanité. Il faut y voir une crise de la compréhension du sujet de droit : “les juristes qui prétendent arrêter au nom du droit, instaurateur, dit-on, des limites, la machine infernale de la technique, oublient que le droit lui-même est une technique, et une technique de dénaturation.”
Il révèle ainsi que le droit est lui-même une construction – voire une fiction. Et démontre comment notre droit a préfiguré ce que font aujourd’hui la science et la technique : “le sujet de droit comme support d’une puissance d’agir, la nature comme objet auquel s’applique cette puissance, la dénaturation du monde comme moyen technique de cette action.”
Passionnant et actuel, ce texte déjoue les instrumentalisations idéologiques pour interroger la pertinence juridique de nos débats actuels. Loin de tout argument moral, il retourne aux racines du droit antique et médiéval, là où se sont élaborées nos institutions et nos conceptions.
Histoire, philosophie, politique, éthique... cette brillante mise au point interroge comment le droit façonne nos sociétés et nos représentations du monde.
Présenté par Thomas Piel.
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