Editions Allia

Nu dans ton bain face à l'abîme
Résiste aux formes closes, résiste aux chefs-d'œuvre.

août 2016 - prix: 6,50 €
format : 100 x 170 mm
48 pages
ISBN: 979-10-304-0416-6


Extrait de "Nu dans ton bain face à l'abîme"

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Nu dans ton bain face à l'abîme

Lars Iyer

"À présent te voici, tu es assis à ton bureau, tu rêves de Littérature, tu parcours la page "Roman" de Wikipédia tout en grignotant des biscuits apéritifs et en regardant des vidéos de chats et de chiens sur ton portable. Tu postes sur ton blog et tu tweetes ce que tu as de plus profond à tweeter, tu élabores un commentaire que tu voudrais éloquent sur un "Trending Topic". Tu psalmodies les noms de Kafka, Lautréamont, Bataille, Duras dans l’espoir de conju-rer le fantôme de quelque chose que tu comprends à peine, quel-que chose d’absurde et d’obsolète qui te préoccupe néanmoins tous les jours de ta vie. Tu t’aperçois que tu ris malgré toi, tu ne peux pas t’en empêcher, tu ris à en pleurer."
Imaginons un écrivain, solitaire perché au sommet d’une montagne, redescendre peu à peu parmi les vivants, en l’espèce les citadins. Bientôt, il s’installe lui-même en ville. Il continue de vendre ses ouvrages mais pas assez. Il se tourne vers l’Université, cherche à travailler dans le département de Lettres. Puis, de guerre lasse, il se lance dans la publicité. Cet écrivain, c’est toi. Et c’est à toi que Lars Iyer, lui-même professeur d’Université mais pas encore publicitaire, s’adresse. Il dresse ton portrait, toi qui consultes Wikipedia et tweetes une pensée bien sentie sur l’une des préoccupations du moment. Tu n’en restes pas moins prostré devant la page blanche du “Nouveau document” que tu viens d’ouvrir. Tu n’es rien si tu ne vends rien. Tu n’es qu’un maillon dans le marché de l’écrit et, plus encore, dans la mondialisation. Tu dois avaler un cadavre, celui de la littérature. Dans un monde où il n’y a plus rien contre quoi s’opposer, la littérature a perdu deux piliers : la tragédie et la révolution. Mais pour les écrivains d’aujourd’hui, elle n’inocule pas moins son virus, qui serait de tout voir, ressentir, aimer à travers son prisme, à l’exemple du narrateur du Mal de Montano de Vila-Matas. Mais depuis ?
À ceux qui ne peuvent s’empêcher de griffonner des mots ou de les taper, Lars Iyer donne quelques tuyaux : résister au chef-d’oeuvre (nécrophilie), reconnaître son rôle (imposture) et, surtout, assumer son idiotie (autodérision). C’est remarquablement envoyé, incroyablement piquant et… hautement stimulant.
Traduit de l'anglais par Jérôme Orsoni

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