Editions Allia

Abrégé de la vie de Louis Mandrin

“Si les talents, la réputation, les succès, pouvaient assurer une prospérité durable et constante, quel homme pouvait plus justement espérer d’être longtemps heureux, que le très haut, très redoutable et très mémorable seigneur Louis Mandrin, colonel général des faux-sauniers et contrebandiers de France ! Des charges obtenues par la voie du mérite, et remplies avec la distinction que le mérite seul sait se procurer ; des qualités, des desseins, des exploits qui seront à jamais gravés dans les cœurs de ses semblables, s’il en est encore dans ce siècle maudit et pervers ; des démarches aussi glorieuses qu’utiles, des entreprises aussi hardies qu’elles furent heureuses, des désirs plus vastes encore que la renommée du cœur qui les formait, en un mot une vie consacrée à la gloire et à la patrie, une mort encore plus glorieuse. Tel est le fond de l’éloge que j’ose entreprendre.”
Louis Mandrin, marchand ruiné devenu faux-monnayeur puis chef de bande, a été exécuté à vingt-neuf ans en 1755. Respectueux des propriétés privées, il prenait pour seule cible les collecteurs d’impôts. Ses talents de stratège ont été vantés par Stendhal, et il fallut envoyer des régiments entiers contre lui. Sa popularité fut considérable. L’Abrégé, dont l’auteur présumé était magistrat, parut l’année de la mort de Mandrin. Véritable apologie du brigand, l’ouvrage fut immédiatement interdit et saisi. Il n’avait jamais été réédité depuis plus de deux siècles.
Suivi de divers textes relatifs à Mandrin. Illustrations d'époque.

Mythologie des pauvres