Editions Allia

Maurice Sachs le désœuvré

Thomas Clerc

“Un essai sur Maurice Sachs ? – Oui, l’essai est une forme noire, à la fois littéraire et littérale… – Un salaud, passe encore, mais un mauvais écrivain… – C’est ça : il n’y a rien à racheter.”
Juif converti au catholicisme, dandy, communiste, homosexuel, escroc, ami de Gide, Cocteau et Max Jacob, qu’il trahit tous d’une façon ou d’une autre, collaborateur, et pour finir exécuté par les nazis en Allemagne, Maurice Sachs (1906-1945) est une figure très singulière de la vie littéraire parisienne de l’entre-deux-guerres. Sa vocation était l’écriture mais son œuvre est, à une ou deux exceptions près, médiocre.
C’est précisément cet échec, cette incapacité à “faire œuvre” qui intéressent Thomas Clerc. Dans une démarche tout à fait originale, il transfère et applique les outils de l’analyse littéraire à la vie même de Sachs. Il retrouve dans cette existence les figures de style absentes de son œuvre : oxymore, répétition, paradoxe, chiasme, pléonasme et métaphore. Menée sur un ton incisif, cette exploration, qui rappelle les paradoxes de Borges, débouche sur une réflexion plus vaste sur la littérature et pose la question de savoir qui de l’auteur, de son œuvre ou du critique lui-même fait davantage acte de création.

Mythologie personnelle